Soutenance d’HDR

JEUDI 26 FÉVRIER à 14H – Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Patricia LEJOUX

Le sujet porte sur « Les mondes urbains du travail en transitions. Une entrée par les lieux, les acteurs et les mobilités »

Composition du jury

  • Sabine Barles, Professeure des universités,
    Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (examinatrice)
  • Éric Charmes, Directeur de recherche,
    École Nationale des Travaux Publics de l’État (examinateur)
  • Jean Debrie, Professeur des universités,
    Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (garant)
  • Renaud Le Goix, Professeur des universités,
    Université Paris Cité (rapporteur)
  • Sandra Mallet, Professeure des universités,
    Université de Reims Champagne-Ardenne (rapporteur)

Résumé :

Cette habilitation à diriger des recherches vise à inscrire le thème du travail dans le champ de l’aménagement de l’espace et de l’urbanisme et à proposer, indirectement, une définition de celui-ci à travers la construction d’un objet de recherche : les mondes urbains du travail. Ces mondes sont appréhendés à partir des lieux du travail, des acteurs qui les produisent – notamment l’entreprise – et des mobilités qu’ils génèrent.

Le premier chapitre justifie le choix de définir le travail comme travail rémunéré (salarié, indépendant) et retrace ses évolutions de la fin du XVIIIe siècle jusqu’à nos jours dans le Nord global, plus particulièrement en France, mettant en lumière la crise contemporaine du travail. Le deuxième chapitre explore la dimension urbaine du travail. Il propose une caractérisation des mondes urbains du travail et analyse ses transformations sous l’effet de la reformulation des liens entre capitalisme, travail et urbanisation en distinguant trois configurations : les mondes urbains du travail industriels, fordistes puis mondialisés. Le troisième chapitre examine la manière dont se construites, au fil du temps, des connaissances scientifiques sur le travail dans le champ de l’aménagement de l’espace et de l’urbanisme en identifiant trois approches : le travail et la zone, le travail et la mobilité, le travail et la production de l’espace.

Enfin, le quatrième chapitre, en mobilisant le concept de métabolisme social, établit un lien entre crise du travail, crise écologique et territorialité. Face à l’ambivalence des changements socio-économiques en cours dans les mondes urbains du travail contemporains, deux cadres théoriques sont proposés pour penser leur devenir. Celui de l’adoption d’un « nouveau mode de régulation environnemental » qui renouvellerait les caractéristiques des mondes urbains du travail sans modifier leurs fondements, au risque de franchir les limites planétaires. Et celui de l’engagement dans la « réparation de la rupture métabolique » qui viserait à redéfinir fondamentalement les caractéristiques des mondes urbains du travail en opérant une véritable transition socio-économique, écologique et territoriale. Cette seconde perspective impliquerait une refondation théorique et pratique de l’aménagement de l’espace et de l’urbanisme, fondée sur son écologisation.