Le stationnement constitue un levier central de régulation de l’usage de la voiture en ville. Parce que tout déplacement automobile commence et se termine par une place de stationnement, les politiques de stationnement influencent directement l’accessibilité urbaine, la congestion, l’occupation de l’espace public et les émissions liées au trafic et à la recherche de stationnement. Dans les grandes métropoles, elles représentent ainsi un instrument majeur pour réduire les externalités négatives de l’automobile, telles que les émissions de CO2, de NOx et de particules, la congestion ou encore la pression exercée sur l’occupation de l’espace public.
Cette thèse s’intéresse à l’évaluation des politiques de stationnement, en particulier des politiques de tarification, de différenciation des tarifs et de régulation de la demande en stationnement sur voirie. Elle examine la manière dont ces politiques modifient les comportements des usagers, selon les caractéristiques des véhicules, les profils des conducteurs, les contextes urbains et les temporalités d’usage. Elle vise également à mieux comprendre les effets du stationnement sur les pratiques de mobilité et sur l’usage de la voiture en ville.
Les premières analyses menées à l’échelle de l’aire urbaine lyonnaise, portant sur le rôle de l’environnement bâti dans la demande de stationnement sur voirie, ont permis de mieux comprendre les logiques spatiales et comportementales du stationnement. Cette production de connaissances constitue une première étape vers une évaluation plus fine, ex ante et ex post, des politiques de stationnement, dans une perspective d’aide à la décision publique.
La recherche s’inscrit plus largement dans un contexte de transformation progressive des politiques de mobilité urbaine. Sur le cas lyonnais, les politiques de stationnement, de ZTL et de ZFE sont mises en œuvre de manière graduelle jusqu’en 2025. La thèse analyse donc en priorité les effets propres des politiques de stationnement, tout en les replaçant dans cet environnement plus large de régulation de l’accès automobile. Elle cherche à mieux identifier les effets spécifiques du stationnement, ainsi que ses interactions avec d’autres instruments de politique publique, notamment les ZFE et les ZTL.
Enfin, une attention particulière est portée à l’acceptabilité sociale et politique de ces mesures. Au-delà de leur efficacité, les politiques de stationnement soulèvent des enjeux d’équité, d’accessibilité et de redistribution des coûts entre catégories d’usagers. La thèse vise ainsi à produire des résultats utiles à la fois pour la recherche académique et pour l’action publique.
En complément des publications dans des revues scientifiques internationales, une attention particulière est portée à la diffusion des résultats auprès des collectivités, des acteurs publics et du grand public.